
L’annonce de la suppression de 1 217 emplois chez GSK en Belgique est un choc social majeur. Elle soulève aussi une question fondamentale : quelle place voulons-nous encore donner à notre industrie en Europe ? Alors que GSK a bénéficié d’aides publiques, réalise des profits de plusieurs milliards d’euros et annonce des investissements massifs aux États-Unis sous la pression de Donald Trump, nous ne pouvons pas rester les bras croisés.
Je demande donc au Premier ministre Bart De Wever de mettre la décision de GSK à l’agenda du Conseil européen. Les suppressions d’emplois annoncées en Belgique doivent provoquer une réaction à la hauteur des enjeux.
Les dirigeants européens doivent prendre leurs responsabilités et agir pour défendre nos emplois, préserver nos capacités de production et garantir notre souveraineté industrielle. Ce qui se passe chez GSK en Belgique n’est pas un drame social qui ne concernerait que notre pays. C’est le symptôme d’un problème bien plus large : la stratégie commerciale offensive des États-Unis, qui utilisent la menace de sanctions et de droits de douane pour attirer les investissements industriels sur leur territoire.
Cette stratégie met directement en danger les emplois européens, notre capacité de production et notre sécurité économique. Elle fragilise des secteurs stratégiques, comme l’industrie pharmaceutique, dont nous dépendons pour répondre aux besoins de santé de la population. Je refuse que l’Europe se résigne à voir ses emplois disparaître pendant que des entreprises qui bénéficient de fonds publics réalisent des profits considérables, rémunèrent leurs actionnaires et réorientent leurs investissements vers les États-Unis!
L’argent public doit servir l’intérêt général. Il est légitime de demander des comptes aux entreprises qui bénéficient du soutien des pouvoirs publics, en particulier lorsque leurs décisions menacent des milliers d’emplois et affaiblissent des activités essentielles à notre autonomie. Nous ne pouvons pas accepter que les travailleurs et travailleuses européens paient le prix d’une guerre commerciale qui les dépasse, ni que nos capacités industrielles soient sacrifiées au nom d’intérêts financiers à court terme.
Le cas GSK rappelle également l’urgence de finaliser l’Industrial Accelerator Act (IAA), la législation européenne destinée à soutenir la réindustrialisation du continent. Alors que certains conservateurs européens du PPE ont déposé un amendement visant à rejeter purement et simplement ce texte, les événements démontrent précisément pourquoi nous avons besoin d’une politique industrielle européenne ambitieuse. Renoncer à cet instrument serait une erreur majeure. Ce serait priver l’Europe de moyens supplémentaires pour renforcer sa base industrielle, soutenir ses secteurs stratégiques et défendre les millions d’emplois qui en dépendent.
Défendre les emplois chez GSK, c’est défendre notre industrie, notre sécurité économique et notre capacité à décider de notre avenir en Europe.