
Dix ans après les attentats du 22 mars 2016, vous étiez nombreux.se.s au vernissage de l’exposition “Des visages sur des maux”, que j’organisais au Parlement européen avec LifeforBrussels ce mardi 29 septembre 2026.
Une soixantaine de victimes d'actes de terrorisme ont accepté de mettre des images sur l'invisible et des mots sur l'indicible, sous l'objectif de la photographe Nafi Yao, formée à la photographie à visée thérapeutique. Ce projet est organisé avec par l'association Life for Brussels, qui rassemble depuis dix ans plus de 700 victimes d'actes de terrorisme.
Installée initialement au rond-point Schuman, l'exposition avait été endommagée par une tempête en mars dernier. Face à l'importance du travail mené par Life for Brussels, j’ai proposé de l'accueillir au sein du Parlement européen, afin de lui donner une nouvelle visibilité et de commémorer les dix ans des attentats.
La soirée a débuté par plusieurs prises de parole, en présence de la Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, de la photographe Nafi Yao, et de Myriam Gueuning, elle-même victime de l'attentat de Zaventem et engagée depuis dix ans auprès d'autres victimes. Elle s'est poursuivie par une visite libre de l'exposition, puis un moment d'échange informel.
Retrouvez ici les différentes prises de paroles :
"Bonsoir à toutes et tous, merci d’être présents en nombre pour ce vernissage. Tous les portraits présentés dans cette expo honorent la mémoire et le combat des victimes d’actes de terrorisme, dont nombreuses nous font l’honneur de leur présence. Soyez les bienvenus.
Je voudrais commencer par vous présenter et par remercier chaleureusement Jamila Adda de l’association Life For Brussels et Nafi Yao photographe de cette exposition, merci pour votre implication dans ce projet qui m’est cher. Vous y avez consacré un temps et une énergie dingues ces dernières semaines afin que nous puissions être réunis ce soir autour des victimes.
Je tiens également à remercier particulièrement Madame Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen qui a permis la tenue de cette exposition et que nous aurons le plaisir d’entendre dans quelques instants. J’ai aussi le plaisir de voir monsieur l’ambassadeur, mes collègues eurodéputés, de la Commission européenne ou encore de l’agence Europol, je suis honorée de votre présence et des échanges qui suivront entre les participants à ce vernissage. Merci enfin à la team Bricmont, Lise - Joanna - Camille - Olivier, qui n’a pas non plus ménagé ses efforts pour organiser cette soirée.
Nous nous rappelons toutes et tous de cette sinistre journée du 22 mars 2016. Trois ans plus tard, lorsque je suis entrée au Parlement européen au sein de la commission LIBE et que j’ai commencé à travailler sur les questions de sécurité intérieure, de terrorisme, de radicalisation violente et de droits des victimes, il m’est apparu normal de travailler aux côtés des associations, pour assurer une meilleure protection des droits et un meilleur accompagnement des victimes. C’est ainsi que depuis janvier 2020, la relation avec Life For Brussels s’est tissée mais que j’ai aussi pris conscience de ce que vous endurez quotidiennement depuis 10 ans et de l’importance de ne rien lâcher.
Lors des dégâts causés par les intempéries à l'exposition de photos au rond-point Schuman, c’est assez spontanément que j’ai proposé à Life For Brussels de les accueillir au Parlement européen.
Cette année marque la commémoration des 10 ans des attentats de Zaventem et Maelbeek. Plusieurs d’entre vous étaient présents ce jour-là ou avez perdu des proches. Cette exposition vous est dédiée, ainsi qu’à toutes les victimes d’actes de terrorisme dont celles de l’attaque du 5 octobre 2016 à Schaerbeek contre des policiers. Également présents parmi nous ce soir. Je veux aussi avoir un mot pour mon amie Sandrine et la force avec laquelle tu as, avec d’autres victimes, à travers le Collectif “Retissons du lien”, montré comment la solidarité triomphe sur la haine, qu’une attaque contre des citoyens était en fait une attaque contre l’Etat belge. Contre nous tous.
Je ne saurai être exhaustive dans les hommages rendus, mais je veux également avoir une pensée ce soir pour les premiers intervenants, (pompiers, secouristes, médecins, infirmiers, policiers), en première ligne, dont le traumatisme est réel mais qui n’ont pourtant pas obtenu la reconnaissance auxquels ils ont droit.
Enfin, et ils et elles sont au cœur de mon engagement politique, les enfants. Ceux qui étaient là le jour des attentats, ceux dont les parents sont rentrés marqués à vie, ceux dont les parents ne sont pas revenus. Des enfants qui n'ont pas bénéficié de prise en charge spécifique, alors que leur vie a été profondément marquée. 10 ans plus tard, certains de ces enfants sont adultes et portent encore les traces de ce qu'ils ont vécu.
Le portrait de Katarina Viktorsson, fille adulte de Berit, une des victimes de l’attentat de Zaventem, qui été reconnue comme la 36ème victime décédée des attentats du 22 mars, et décédée récemment par suicide, rappelle aussi la réalité de ces enfants, filles et fils, victimes oubliées, dont les vies ont été profondément marquées.
Mes pensées ce soir sont avec vous, présents et absents, cette exposition dans la maison de la démocratie européenne vous est dédiée, c’est un hommage à votre dignité, à votre résilience.
Ces attaques dont vous avez été les victimes étaient donc une attaque contre l’Etat belge et ses valeurs. Or, la Belgique ne vous a pas reconnus, pire, l’Etat belge vous a profondément abandonnés. Les manquements ont été nombreux voir systématiques de l’identification des victimes survivantes, à leur information, notamment lors des procédures d’indemnisations, l’absence de protection ou bien encore la complexification et la multiplication des démarches qui ont conduit à une victimisation secondaire. J’ai été atterrée par la manière dont les autorités qui n’avaient pas su prévenir le pire, n’ont pas su par après accompagner, soulager, reconnaître.
Dans Bruxelles, capitale européenne, la dimension transfrontalière est incontournable. Cette exposition, comme ces attentats, réunissent des victimes de nombreuses nationalités. Le terrorisme ne connaît pas de frontières, et la coordination entre États membres au niveau de la reconnaissance mutuelle des statuts de victime, la simplification des démarches d'indemnisation, reste des défis majeurs. Si le cadre européen existe, il peine souvent à être mis en œuvre par manque de moyens ou de volonté politique. J’ai l’espoir que la directive sur les droits des victimes telle que nous l’avons révisée permettra d’améliorer sensiblement la situation. Je continuerai ce travail, ici au Parlement, pour veiller à sa transposition effective par les Etats membres, pour que les victimes, les proches, les survivants soient entendus, reconnus et accompagnés, aujourd’hui comme dans les années à venir.
Dix ans après les faits, l'attention médiatique et politique s'estompent naturellement, alors que les besoins des victimes, eux, perdurent, c’est une blessure qui ne se referme pas au même rythme que l'actualité tourne la page. Cette exposition, en mettant des mots sur des maux, s’inscrit dans une démarche de reconnaissance et de mémoire, elle remet aussi des visages sur des faits.
Chère Roberta, en tant que Présidente du Parlement européen, tu as rendu hommage à de nombreuses reprises aux victimes des attentats et leur situation te tient fort à cœur. C’est donc naturellement que tu as immédiatement partagé ton enthousiasme à accueillir cette exposition ici, je t’en remercie très sincèrement. Je te laisse la parole.
Chère Saskia,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Je veux d'abord souhaiter la bienvenue, de tout cœur, aux victimes, aux proches des victimes et aux secouristes qui sont ici aujourd'hui. Vous êtes ici chez vous dans la Maison de la démocratie. Merci d'être avec nous ce soir. Et merci, chère Saskia, d'avoir organisé l'événement d'aujourd'hui.
Les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, et l'attaque au couteau du cinq octobre de la même année, ont frappé l'Europe toute entière en plein cœur.
Un peu avant huit heures, à l'aéroport de Zaventem, Karen Northshield se préparait à prendre un avion. Elle se souvient du bruit de l'explosion, puis d'avoir été projetée au sol, en criant à l'aide.
Un peu plus d'une heure plus tard, à la station de métro Maelbeek, une autre terrible explosion toucha des wagons remplis de d’hommes et de femmes qui allaient simplement au travail.
En une seule matinée, trente-deux vies furent brutalement arrêtées ; des familles brisées. Et la vie de centaines d'autres personnes changée à jamais.
Comme beaucoup d'entre vous, je me souviens très bien de ce jour funeste. Je travaillais ici, dans cette institution. Je me souviens de la panique, de la peur. De ce sentiment de ne pas vraiment savoir ce qui allait arriver, et en même temps de savoir, très clairement, que plus rien ne serait comme avant.
Parce que ce n'était pas seulement Bruxelles qui était attaquée, c'était l'Europe entière. C'était notre sécurité commune, notre façon de vivre, nos valeurs de paix et de tolérance qui étaient menacée.
Dix ans plus tard, les blessures sont toujours là. L'Europe n'oubliera jamais les victimes.
Les photos et les témoignages de cette exposition montrent la douleur et le courage des victimes, et gardent leurs histoires vivantes. Il est important que leurs voix soient entendues.
Dans ce Parlement, nous connaissons la force de la parole et de l'écoute, et l'importance du dialogue. C'est ainsi que nous avançons ensemble. Et c'est pour cela que je suis si heureuse d'accueillir cette exposition au sein du Parlement. Merci à vous, chère Saskia, et merci à Life for Brussels d'avoir rendu cela possible.
Ensemble, nous nous souvenons d'une souffrance que les mots ne peuvent pas dire. Mais nous nous souvenons aussi de ces gestes simples de courage et de solidarité qui, dans l’obscurité, ont su faire naître une lumière.
Ce conducteur du métro qui a quitté sa cabine en courant pour aider à sortir les blessés par la fenêtre du wagon.
Ces passants, qui ont couru vers le danger pour apporter leur aide.
Et cet inconnu, à l'aéroport, qui a risqué sa vie pour mettre Karen Northshield à l'abri, en la portant sur un chariot à bagages, avant de disparaître dans le chaos.
C'est ça, notre Europe. Des gens unis face à ceux qui veulent nous diviser, et toujours prêts à aider les uns et les autres quand ils en ont le plus besoin.
Aujourd'hui, cette unité et cette conviction européennes sont plus fortes que jamais. Nous ne laisserons pas le terrorisme gagner. Ni hier, ni aujourd'hui, ni jamais. Ce Parlement reste engagé dans la lutte contre la radicalisation, pour protéger les gens, et pour que personne d'autre ne vive ce que Bruxelles a vécu ce jour-là.
Cet événement, et votre présence ici avec nous, en sont l’incarnation. Alors merci d'être là, et je vous souhaite à tous une bonne soirée.
Merci.
Je souhaiterais donner la parole à la photographe et artiste visuelle, Nafi Yao. Elle a ce don rare de voir au-delà des apparences. Formée à la photographie à visée thérapeutique, elle fait de chaque rencontre un espace d'écoute et de confiance, où l'image naît de la parole et du lien. C'est avec cette sensibilité et ce profond respect de l'humain qu'elle a accompagné les victimes membres de l'association Life for Brussels pour réaliser ces portraits et mettre des visages sur des maux.
Bonsoir à toutes et à tous.
Je tiens tout d'abord à remercier, en mon nom et en celui de Life for Brussels, Madame Saskia Bricmont et son équipe, Lise, Joanna et Camille, pour leur bienveillance et leur soutien dans la mise en place de cette exposition. Merci de nous accueillir avec ce projet dans ces murs. Merci à Jamila et à Life for Brussels de m'avoir fait confiance pour ce projet. Merci à vous, d'être présentes ce soir, et surtout merci à celles et ceux qui ont accepté de partager cette part de leur vie avec moi.
Il y a quelques années, quand Jamila m'a parlé de son envie de créer un projet photographique autour des victimes des attentats, nous nous sommes tout de suite entendues sur l'idée que la photographie est une porte d'entrée pour sensibiliser à ce que les survivants des attentats ont vécu.
En tant que photographe, mes questions de départ étaient : comment photographier des personnes qui ont vécu des choses aussi violentes, et surtout, comment les laisser maîtresses de la façon dont elles souhaitent présenter leur histoire, ou leur parcours, au monde ?
J'ai alors choisi la photographie à visée thérapeutique, pas comme une thérapie, mais comme une façon d'accompagner chaque personne dans un processus personnel, et de la relier à sa propre image. Chaque rencontre durait plusieurs heures, pendant lesquelles j'enregistrais leur histoire et nous échangions sur leurs choix : le lieu de la prise de vue, la position, l'expression du visage, ou encore le résultat final en couleur ou en noir et blanc. Elles étaient également invitées à apporter un objet, symbole de ce qu'elles avaient vécu.
Et là, je pense à Loubna, venue avec des piles et des piles de dossiers administratifs et une béquille. Loubna souhaitait montrer la lutte menée après les faits pour soutenir son mari Abdallah, grièvement blessé le 22 mars à Brussels Airport.
Je pense aussi à Calogero, qui voulait réaliser son portrait dans un cimetière, pour montrer l'homme qu'il était avant, et celui qu'il est devenu depuis ce drame. Nous avons réalisé ce portrait en double exposition.
Je repense à Laye, que je suis allée photographier devant Ground Zero à New York, un symbole de la violence des attentats. Il était à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars, brûlé sur une grande partie du corps. Aujourd'hui, comme tant d'autres, il se bat encore contre ses douleurs.
Je pense à vous tous, présents lors de ces attentats, et je pense à celles et ceux qui ne sont plus.
Et évidemment, je pense à Katarina Viktorson, dont le portrait est en couverture du livre, et ici. Katarina est venue en studio pleine de fougue. Elle avait pris avec elle le passeport et le portefeuille déchiqueté de sa maman, reçus de retour de la police. Sa maman est décédée le 22 mars. Depuis, Katarina nous a quittés à son tour. Nous pensons à elle, et à ses proches.
Ces paroles sont devenues un podcast, à écouter en scannant le QR code, dans le livre ou sur le propos de l'exposition, à l'entrée.
Ce projet, Des visages sur des maux, parle de leurs maux, et de leurs mots, desquels j'ai tenté de faire émerger leurs visages, leur histoire.
Les attentats sont des tragédies collectives et individuelles, des souffrances collectives et individuelles. C'est pour ça qu'il est important de présenter ces histoires, ces portraits, dans des lieux tels que celui ci.
Ce projet, nous l'avons porté avec Life for Brussels, du premier rendez vous jusqu'à ce livre, jusqu'à ces murs.
Merci.
Merci beaucoup Nafi.
Victime de l'attentat de Zaventem du 22 mars 2016, où elle se trouvait avec son mari, Myriam Gueuning-Vermandel a été blessée dans sa chair comme dans son âme. Malgré la douleur, elle a choisi de mettre sa force au service des autres puisqu'elle a organisé pendant des années des semaines de séjour thérapeutique pour les victimes, et depuis dix ans elle accompagne chaque jour des centaines d'entre elles dans les méandres administratifs, tout en siégeant au Conseil supérieur des invalides de guerre, anciens combattants et victimes de guerre. Je vous propose de l’écouter.

Madame la Présidente, Madame la Députée, Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités,
Avant toute chose, permettez-moi de partager avec vous une vérité aussi simple que cruelle : Les attentats du 22 mars 2016 n’ont duré que quelques minutes. Mais pour les victimes, leur impact et leurs conséquences dureront toute une vie.
C'est pour elles, et avec elles, que nous sommes réunis aujourd'hui. Pour mettre à l'honneur celles et ceux dont la vie a été brisée, car ce jour apocalyptique du 22 mars a radicalement bouleversé la vie des victimes et de leurs proches, tout comme l'ont fait les autres attentats qui ont frappé notre pays et l'Europe.
Goethe disait : « Il ne suffit pas de savoir, il faut aussi appliquer ; il ne suffit pas de vouloir, il faut aussi agir. » Et c’est exactement ce qu’ont fait l'association Life for Brussels et la photographe Nafi Yao en mettant « des visages sur des maux ».
Car il était essentiel de faire comprendre que cette tragédie est toujours en cours. Son ampleur et son impact profond sur les victimes ne pourront jamais être suffisamment soulignés.
Et c’est pourquoi, depuis près de dix ans, soutenus sans faille par Life for Brussels et par un réseau de personnes exceptionnelles que nous avons constitué au fil des années dans de nombreux domaines, nous nous battons pour que les victimes des attentats ne soient pas déshumanisées par leur perte d’espoir, leur colère, leur amertume ou leur sentiment d’abandon….
Dans les années qui ont suivi les attentats, de nombreux survivants, ainsi que des premiers intervenant, ont développé de graves problèmes de santé, conséquences directes du traumatisme subi. Certains sont décédés. D’autres se sont suicidés. Une jeune femme de 23 ans a été euthanasiée.
Le 15 janvier dernier, une jeune maman suédoise, dont la mère était décédée à quelques mètres de moi, ainsi qu’un pompier qui avait héroïquement sauvé plusieurs vies à Maelbeek, ont décidé de mettre fin à leurs jours, par désespoir.
Ces drames nous rappellent une réalité que nous ne pouvons plus ignorer : pour la plupart des victimes, la souffrance ne s’est jamais arrêtée.
Aujourd’hui encore, les victimes souffrent d’un immense manque d’informations et de soutien — médical, financier, social, juridique et administratif. Leurs émotions sont toujours à vif et, pour la majorité d’entre elles, la souffrance psychique et l’angoisse qu’elles éprouvent sont parfois encore plus difficiles à supporter que les blessures physiques qu’elles ont subies.
Cette souffrance bouleverse l’équilibre des victimes, tant directes qu’indirectes, comme celui des premiers intervenants, non seulement dans leur vie intime, mais également dans leur vie familiale, professionnelle et sociale.
Par respect pour leur dignité et pour le courage dont elles font preuve chaque jour, il est grand temps que leur souffrance soit enfin pleinement reconnue, et qu'elles bénéficient d'une prise en charge à la hauteur de ce qu'elles endurent.
Au départ, les victimes se sentaient victimes de l’événement traumatique. Progressivement, certaines ont eu le sentiment de devenir aussi victimes du système et des dysfonctionnements de la société qui était pourtant censée les soutenir.
Mesdames et Messieurs,
Les attentats n’ont duré que quelques minutes. Mais pour les victimes, les conséquences dureront toute une vie.
Il est de notre responsabilité à tous de veiller à ce qu'elles ne soient plus jamais laissées seules face à cette épreuve. Parce que leur combat n’est pas terminé. Et parce qu’une société se mesure aussi à la manière dont elle accompagne celles et ceux dont la vie a été brisée.
Je vous remercie.