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Communiqué de presse - Ceuta : la solidarité avec l’Espagne est la seule réponse que l’on attend de l’UE

06-08-26

La crise à Ceuta, le drame humanitaire qui a fait au moins 72 morts, la manipulation dont ont fait l’objet ces personnes suite à de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, le retour au Maroc d’une grande majorité d’entre eux... rien de tout ça n’a trouvé sa place dans le concert des réactions venues de l’extrême droite et allègrement reprises par la droite, jusqu’en Belgique.

“Depuis les premières heures, le drame de Ceuta est le théâtre d’une instrumentalisation politique initiée par Meloni et suivie comme jamais auparavant par la droite européenne. Tous se sont précipités pour montrer du doigt le gouvernement espagnol, dont la politique de régularisation ne plaît pas à la droite, qui ne s'embarrasse pas des faits, mais qui surfe sur la vague anti-migratoire venue de l’extrême droite”, estime Saskia Bricmont, députée européenne Ecolo et coordinatrice de la Commission LIBE au Parlement européen pour les verts.

Pour rappel, quand l’Italie s’est retrouvée confrontée à l’arrivée de personnes migrantes à Lampedusa en 2023, c’est la solidarité européenne qui a prévalu. Emmanuel Macron avait défendu le «devoir de solidarité européenne» envers l’Italie.  Frappée d’amnésie, Meloni a crié à la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. D’autres ont rapidement suivi, comme si fermer la frontière espagnole, y compris à nous européens, était la solution. Gageons que la réunion des dirigeants européens prévue à la demande du Premier ministre Sanchez démontre davantage de maturité politique et de raison.

“Ce dont Ceuta est aujourd’hui la preuve, c’est l’échec de la politique migratoire européenne basée sur l’externalisation des politiques vers des pays tiers qui l’utilisent contre nous, Européens, et au prix de vies humaines. C’est aussi la preuve que la politique migratoire européenne alimente les réseaux passeurs et continue à faire de la Méditerranée un cimetière”, pointe Saskia Bricmont. “Mais tout ça, la droite européenne ne le reconnaîtra jamais vu que cette politique migratoire est celle qu’elle s’évertue à mettre en place depuis 2015, poussée dans le dos par l’extrême droite qu’elle suit aujourd’hui comme un bon soldat.”

“La politique migratoire européenne ne fonctionne pas? Nous sommes bien d’accord.  Il est temps de radicalement changer d’approche et de regarder la réalité de la migration en face. Nous parlons d’êtres humains qui doivent avoir accès à des voies sûres et légales d’accès à l’Union européenne, qui doivent le cas échéant se voir proposer des politiques de retour dignes avec un accompagnement, qui doivent être accueillies dignement conformément au droit et se voir reconnaître leur contribution à notre prospérité. Une politique européenne basée sur la solidarité entre les Etats membres, humaine et juste, est la seule à même d’apporter les réponses qu’attendent tous les Européens. Mais il faut aussi arrêter de relayer, comme le font si bien les extrémistes, les peurs et le vocabulaire de haine, ou encore les fausses informations et les fausses solutions, comme la suspension de l’espace Schengen.”

“Les dirigeants européens doivent aujourd’hui décider de mener l’enquête afin de rétablir la vérité sur l’origine de ce drame, doivent répondre par la solidarité envers l’Espagne, lui proposer de l’aide humanitaire qui aurait du venir spontanément et faire preuve de maturer sans céder aux cris d'orfraie de l’extrême droite qui réclame la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. La solidarité ne se négocie pas selon la couleur politique du gouvernement concerné.”

L’instrumentalisation politique du dossier se poursuivra dans les prochains jours au Parlement européen dont la Commission LIBE, à la demande de son Président, le PPE espagnol Javier Zarzalejos, avec le soutien d’une majorité conservatrice et d’extrême droite (EPP-PfE-ECR-ESN-NI) se réunira pour un échange de vues avec le commissaire Brunner, le ministre de l’Intérieur espagnol, M. Grande-Marlaska, et la ministre de la Migration, Mme Saiz Delgado. Certains voudront faire de cette commission le tribunal de l’Espagne. Nous y exprimerons notre soutien au gouvernement espagnol et le devoir de solidarité de l’Union européenne.

 

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