
Avec le groupoe Verts/ALE du Parlement européen, j'ai commandé un vaste biomonitoring dans neuf pays sur la contamination aux PFAS. Il révèle une contamination généralisée des Européen.nes. Parmi les résultats les plus préoccupants : le TFA, un PFAS à chaîne ultracourte encore largement sous-surveillé, a été détecté dans 100 % des échantillons sanguins. Face à cette exposition généralisée, j’appelle à une interdiction des PFAS au niveau européen.
Les PFAS sont partout. Dans notre eau, notre alimentation, certains vêtements, cosmétiques ou produits d’entretien. Une nouvelle étude menée avec mes collègues du groupe des Verts/ALE vient une nouvelle fois documenter l’ampleur de notre exposition à ces substances chimiques persistantes.
Dans le cadre de cette campagne de biomonitoring, 110 personnes dans neuf pays européens (Belgique, France, Italie, Croatie, Allemagne, Luxembourg, Espagne, Danemark et Finlande) ont participé à des analyses sanguines. Parmi elles : des travailleurs exposés dans le cadre de leur activité professionnelle, des mères de famille, des femmes enceintes et des personnes vivant dans des zones particulièrement polluées.
Les quatre PFAS historiquement surveillés (PFOA, PFOS, PFHxS et PFNA) sont présents dans le sang de la quasi-totalité des participants. Mais un autre résultat attire particulièrement l’attention : le TFA, ou acide trifluoroacétique, a été détecté dans 100 % des échantillons. Avec une concentration médiane de 21,2 ng/mL, le TFA représente plus de 80 % de la charge totale de PFAS mesurée dans le sang!La concentration médiane cumulée des quatre PFAS les plus fréquemment surveillés s’élève à 4,6 ng/mL.
L’étude relève également que :
Le TFA est un produit de dégradation de nombreux composés fluorés, notamment certains réfrigérants, pesticides et autres PFAS. Très mobile et persistant, il peut se retrouver dans l’eau et les cultures. Longtemps considéré comme moins préoccupant que certains PFAS à chaîne longue, le TFA fait désormais l’objet d’une attention croissante. En juin 2026, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a recommandé de classer le TFA comme toxique pour la reproduction, en raison notamment de risques pour l’enfant à naître et la fertilité.
Cette évolution souligne une difficulté majeure : notre capacité à mesurer l’exposition aux PFAS et à en évaluer les effets ne progresse pas toujours au même rythme que notre connaissance de leur présence dans l’environnement et dans nos organismes.
Les résultats de cette étude confortent les demandes portées par les Verts/ALE auprès de la Commission européenne.
Nous demandons notamment :
La détection du TFA chez l’ensemble des participants rappelle surtout que notre surveillance des PFAS ne peut plus se limiter à quelques substances historiquement connues. Face à des substances aussi persistantes et largement répandues, il faut mieux mesurer notre exposition, mieux protéger les populations et surtout agir à la source, en interdisant ces substances dangeureuses.