
Saskia Bricmont est choquée par l'annonce de l'espionnage de son ex-collègue grec Stelios Kouloglou, ancien membre de la commission d'enquête PEGA du Parlement européen sur les logiciels espions. Elle exige que la Commission européenne prenne des mesures contraignantes pour interdire l’utilisation illégale de logiciels espions en Europe, sur base des recommandations de la commission d'enquête PEGA.
Citizenlab révèle ce matin que l’ancien eurodéputé Stelios Kouloglou a été espionné via un logiciel espion lorsqu’il était membre de la commission d’enquête PEGA du Parlement européen en 2022 et 2023, commission chargée d’enquêter sur l’utilisation des logiciels espions comme Pegasus ou Predator en Europe. Saskia Bricmont, coordinatrice de la Commission d’enquête pour le groupe des Verts-ALE et coprésidente du groupe d'intérêt parlementaire contre l’utilisation illégale des logiciels espions, exige que des mesures contraignantes soient adoptées sans attendre davantage.
“Cinq ans après les premières révélations sur l’utilisation massive du logiciel espion Pegasus et trois ans après l'adoption des recommandations de la commission d'enquête PEGA du Parlement européen, la Commission européenne n'a toujours pris aucune mesure ni assuré de suivi.
Ces nouvelles révélations de Citizen Lab confirment que le nombre de victimes est probablement bien plus élevé qu'on ne le pensait au départ. L'utilisation de logiciels espions viole non seulement les droits fondamentaux des individus concernés, mais dans ce cas, menace aussi la sécurité et l’intégrité du travail parlementaire et du Parlement européen dans son ensemble. C’est une atteinte directe à l'État de droit.
Il est plus que temps que la Commission européenne fasse des propositions concrètes sur base des recommandations émises par notre commission d’enquête, à commencer par la mise en place de conditions très strictes pour l'utilisation des logiciels espions, et la création d'un laboratoire technologique européen, sur le modèle du Citizen Lab, pour permettre d'apporter une assistance aux victimes. Le Parlement européen doit réagir fermement et exiger des mesures fortes, mais il doit aussi faire la lumière sur l'espionnage de l’un de ses membres et assurer qu’aucun autre membre ni les équipes n’aient été infectés.”
Suite à ces révélations qui s’ajoutent aux précédentes et démontrent le caractère étendu des scandales d’espionnage illégal en Europe, Saskia Bricmont déposera, ce vendredi 3 juillet, une demande de débat pour la session plénière de la semaine prochaine à Strasbourg.