
La Commission européenne a récemment confirmé avoir invité des représentants du régime taliban à Bruxelles afin d’évoquer la question du retour de personnes migrantes vers l’Afghanistan. Face à cette situation, j’ai cosigné, avec 46 autres eurodéputés, une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères belge, Maxime Prévot, pour lui demander de ne pas délivrer les visas nécessaires à cette rencontre.
Le régime taliban demeure l’incarnation d’une oppression systématique et institutionnalisée. Les femmes et les filles sont privées de droits fondamentaux, exclues de l’éducation et de nombreux aspects de la vie publique. Les libertés individuelles sont sévèrement restreintes, la société civile muselée et toute forme de contestation réprimée.
Dans ce contexte, l’idée même d’engager un dialogue politique avec les autorités talibanes en vue d’organiser des retours vers l’Afghanistan est profondément préoccupante. Une telle démarche revient à légitimer un régime qui bafoue quotidiennement les droits humains les plus élémentaires et irait à l’encontre des principes que l’Union européenne affirme défendre. C’est pourquoi nous appelons le gouvernement belge à refuser la délivrance de ces visas.
La Belgique et l’Union européenne ont la responsabilité de protéger celles et ceux qui fuient les persécutions et les violences. Nos politiques migratoires doivent rester fondées sur le respect du droit international et des droits humains, et non sur des compromis avec un régime dont les pratiques sont incompatibles avec les valeurs démocratiques que nous défendons.