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Communiqué de presse : des systèmes secrets de traitement de données au sein d’Europol

05-05-26

Une enquête menée par CORRECTIV, Solomon et Computer Weekly met en lumière l’existence de systèmes informatiques parallèles utilisés par Europol pour analyser de vastes volumes de données personnelles sensibles. L’eurodéputée Saskia Bricmont, chargée des questions de sécurité pour le groupe Verts/ALE, demande des comptes quant à ces pratiques choquantes, menées en dehors des cadres de contrôle prévus par le droit européen. 

Ces bases de données parallèles utilisées par Europol auraient permis d’analyser d’immenses volumes de données sensibles (relevés téléphoniques, documents d’identité, informations bancaires ou données de géolocalisation) y compris concernant des personnes non soupçonnées de crimes. L’enquête menée par des journalistes d’investigation estime que ce dispositif aurait permis aux analystes d’Europol de contourner certaines limites légales en matière de surveillance et de conservation des données.

“Ces révélations sont choquantes, après tant d’années de travail de contrôle et de supposée mise en conformité pour assurer le respect des données personnelles et des droits fondamentaux. Europol, puissante agence de coopération policière, doit montrer l’exemple et respecter le droit de l’UE afin d’accomplir ses missions en toute légalité, mais aussi de préserver la confiance des citoyens et du législateur européen”, déplore Saskia Bricmont.

“Ces révélations mettent également en évidence des problèmes de sécurité préoccupants concernant ces systèmes parallèles mis en place par Europol et décelés dès 2019. Où en est Europol aujourd’hui ? Il est urgent que l’agence ainsi que la Commission européenne fournissent des explications approfondies. Je demanderai en priorité un échange avec la Commission européenne et Europol au sein de la commission LIBE. 

Le Parlement européen doit renforcer son travail de contrôle, notamment par l’intermédiaire du Groupe de contrôle parlementaire conjoint (JPSG). Le JPSG est précisément l’instance où Europol devrait signaler ce type de défaillances de ses systèmes. Pourtant, une fois encore, c’est grâce au travail de journalistes d’investigation que nous découvrons un problème au sein d’Europol, ce qui ne fait qu’accentuer la défiance.”

BREAKING! #Europol aurait utilisé bases de données secrètes pr analyser massivement données sensibles (téléphonie, ID, banque, géoloc) yc sur non-suspects. Sans garanties de sécurité ni de respect des droits fdtx. Je demande explications à Commission UE et Europol! correctiv.org/en/europe/20...

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— Saskia Bricmont (@saskiabricmont.bsky.social) May 5, 2026 at 1:00 PM


Contexte : 

Après les attentats de Paris en 2015, Europol a reçu une quantité massive d’informations provenant des États membres et d’organisations partenaires. Pour traiter rapidement ces données, un réseau informatique appelé Computer Forensic Network (CFN) a progressivement pris une ampleur considérable, jusqu’à devenir l’environnement principal d’analyse criminelle de l’agence. En 2019, il contenait environ 2.000 téraoctets de données, bien plus que les bases officielles d’Europol.

Le contrôleur européen de la protection des données (EDPS) a découvert de graves irrégularités : absence de traçabilité des accès, conservation illégale de données personnelles et risques d’associer à tort des citoyens innocents à des activités criminelles. Malgré plusieurs années de surveillance, certaines failles majeures restaient encore non corrigées en 2026.

Cette affaire éclate alors que la Commission européenne envisage d’élargir les pouvoirs et le budget d’Europol, soulevant des inquiétudes sur le contrôle démocratique, la sécurité des bases de données et le respect des droits fondamentaux.

 

 

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