
Chaque jour, nous appliquons des soins de la peau, du maquillage, des parfums ou des produits capillaires, souvent sans savoir que ces produits peuvent contenir des substances chimiques nocives. Malgré ce constat, la Commission européenne souhaite, sous l’influence des lobbies, revoir à la baisse les normes qui protègent notre santé. Pour nous écologistes, il n’est pas question de laisser cela passer.
Le 8 juillet 2025, la Commission européenne a présenté le paquet omnibus sur les produits chimiques. Son objectif affiché est de « simplifier la législation européenne sur les produits chimiques en réduisant les coûts de mise en conformité et les procédures administratives pour les entreprises tout en maintenant un niveau élevé de protection ».
En pratique, cette réforme modifie trois règlements de l’UE et prévoit un plan d’action visant à “moderniser et renforcer la compétitivité de l’industrie chimique”. Or, la proposition concernant les cosmétiques constitue une déréglementation préoccupante qui pourrait diminuer la protection de la santé humaine et de l’environnement. En particulier, l’approche de la Commission sur les substances CMR (cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction) menace directement la sécurité des consommateurs.
Actuellement, le règlement sur les produits cosmétiques interdit la présence de substances CMR de catégorie 1A, 1B ou 2 dans les cosmétiques, avec des exceptions strictes prévues par l’article 15. La proposition de la Commission, elle, cherchait à limiter cette interdiction aux substances CMR uniquement dangereuses par voie orale ou inhalation, une approche qui néglige le fait que les cosmétiques peuvent être ingérés ou inhalés, notamment par les enfants.
La bonne nouvelle, c’est que le 5 novembre, le Conseil européen a adopté son mandat, rejetant cette approche et confirmant le maintien de l’interdiction actuelle des substances CMR. Mais le combat n’est pas terminé : l’industrie cosmétique fait pression pour que le Parlement européen soutienne la proposition de la Commission. Les négociations techniques sont en cours et la phase politique va bientôt débuter. La commission ENVI doit voter le dossier le 17 mars, avant un vote en plénière du Parlement européen prévu en avril.
Pour les Verts/ALE, protéger les consommateurs ne se limite pas à maintenir les protections existantes. Nous demandons également l’interdiction de tous les PFAS et perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques, à l’instar des mesures déjà adoptées pour les emballages alimentaires et les jouets. Ce moment législatif offre une opportunité unique d’étendre la sécurité chimique aux produits cosmétiques et de défendre un droit fondamental : utiliser des cosmétiques sûrs, accessibles à tous.
Les cosmétiques ne doivent pas être un risque pour la santé. La lutte contre les substances chimiques toxiques est avant tout une question de santé publique, d’égalité et de justice sociale. La vigilance citoyenne et politique est essentielle pour garantir que nos cosmétiques restent sûrs et exempts de substances dangereuses. Protéger nos corps, nos enfants et nos droits n’est pas un luxe : c’est un impératif.