La Commission a procédé mardi dernier à l’évaluation des plans nationaux énergie-climat (PNEC) remis par les États membres en décembre 2018. Elle s’est en particulier intéressée aux ambitions qu’ils s’étaient assignées par rapport aux engagements européens pris pour 2030 (réduction des émissions de CO2 de 40 %, part des énergies renouvelables portée à 32 %, amélioration de l’efficacité énergétique de 32,5 % ; objectifs jugés par les Verts UE insuffisants pour respecter l’Accord climatique de Paris) et à la pertinence et à la crédibilité des mesures annoncées par les gouvernements pour honorer ces ambitions.

Le constat général est que si certains États ont rempli correctement leurs devoirs, ce n’est généralement pas le cas de sorte que, si les États membres ne passent pas la vitesse supérieure, les objectifs européens seront ratés.

Concernant la Belgique, la Commission n’est pas tendre et à juste titre : avec les mesurettes proposées par les gouvernements sortants, les émissions de CO2 ne seraient réduites que de 13 % au lieu des 35 % auxquels le pays s’est engagé. On comprend mieux les réticences de l’équipe de Charles Michel à soutenir le Parlement européen et la douzaine de pays volontaristes qui veulent porter à 55 % l’objectif européen de réduction des émissions d’ici à 2030.

Sur le plan des énergies renouvelables, la Belgique montre l’écart le plus élevé entre les 18 % qui seraient réalisés et les 25 % vers lesquels elle doit officiellement tendre.

Concernant l’efficacité énergétique, la Commission européenne appelle la Belgique à étoffer les mesures, à en prendre de nouvelles et à les insérer dans un calendrier à 10 ans et à accompagner le tout d’une analyse d’impact qui montrera le bien-fondé de ce nouveau paquet.

Globalement, la Commission est dubitative quant au financement des mesures (qui sont déjà bien maigrelettes). Il faut une stratégie d’investissement ambitieuse et détaillée à chaque niveau, recenser les subventions énergétiques ainsi que les actions entreprises pour les supprimer. On se situe ici au cœur du programme Ecolo et des propositions qui avaient été évaluées par le Bureau fédéral du Plan.

La Commission insiste sur la nécessité de décloisonner l’exercice et de faire en sorte que les ONG et citoyen.ne.s aient l’occasion de participer à l’élaboration et à la mise en œuvre du plan. On ne peut dès lors que repenser à la loi climat poussée par des universitaires et les marcheurs pour le climat – loi qu’Ecolo et Groen ont relayée au parlement fédéral. L’adoption d’une telle loi serait de nature à rétablir la respectabilité et la crédibilité de la Belgique en matière de climat. La loi mettait en place les conditions garantissant un niveau d’ambition suffisant et des mesures à hauteur du défi de la transition écologique et sociale, ce qui passe par une coordination des différents niveaux de pouvoir et par l’implication de la société civile.

Sans le savoir, la Commission apporte de l’eau au moulin d’un gouvernement coquelicot axé autour des deux partis les moins frileux sur la question de la transition et de représentants de la société civile. Ce serait aussi l’occasion de renforcer la dimension sociale du plan énergie-climat belge dont la vacuité est dénoncée par la Commission elle-même !

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