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[Communiqué de presse]

Le 23 décembre dernier un incendie a ravagé le camp de Lipa près de Bihac en Bosnie Herzégovine, laissant près de 900 personnes sans abris au cœur d’un hiver très rude. La Bosnie constitue la dernière étape de la route migratoire via les Balkans occidentaux avant l’entrée dans l’Union européenne par la Croatie. La Bosnie compte de nombreux camps de fortune qui accueillent les personnes migrantes dont des enfants dans des conditions de vie indignes. La situation dans le camp de Lipa maintenant détruit par les flammes était extrêmement problématique et ne répondait à aucun standard d’accueil.  La Commission européenne a annoncé une assistance supplémentaire de 3,5 millions d’euros et renvoie  vers les autorités locales la responsabilité d’ouvrir un centre d’accueil temporaire en urgence.

Saskia Bricmont, députée européenne Verts/ALE, membre de la Commission des libertés civiles, justice et migration, commente :

 « Il est inacceptable qu’à l’image de la gestion de la politique migratoire européenne de ces dernières années, l’année 2020 se termine sur une nouvelle situation de crise humanitaire aux frontières européennes. L’UE doit cesser d’observer passivement la situation inhumaine qu’elle engendre à ses frontières.”

“S’il incombe, dans l’urgence, aux autorités locales de prévoir des  solutions d’accueil pour les personnes migrantes,  ne nous trompons pas pour autant de responsable. Il est intolérable que l’ externalisation de notre politique migratoire serve de justification à l’absence d’action européenne pour mettre fin à l’existence de tels camps”.

“ La Bosnie-Herzégovine ne peut gérer seule ce que les Etats membres  et la Commission ne veulent pas gérer : une politique d’asile et de migration humaine et solidaire, et la mise en place de procédures d’asile qui ne reposent pas uniquement sur le pays de première entrée. Depuis trop longtemps déjà, l’UE délègue aux  Etats frontaliers sa politique d’asile et migration, au détriment du droit international et des droits fondamentaux. Plutôt que de financer la construction de nouveaux camps de la honte, ces moyens doivent servir à l’organisation des procédures d’asile et à l’accueil de manière solidaire entre les Etats membres. « . 

Le 2 janvier 2020, 46 députés européens ont adressé un courrier en ce sens aux autorités bosniennes, à la Commission européenne, au Haut-Représentant à la politique extérieure et au Président du Conseil afin de les presser à agir, en urgence mais également sur le long terme. En février 2019,  Saskia Bricmont s’est rendue en Croatie et en Bosnie lors d’une mission d’enquête, et a visité les camps de migrants et campements de fortune à la frontière croato-bosniaque.

Pour plus d’informations cliquer ici.

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