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Le Parlement européen adoptera ce jeudi 20 mai une résolution suite aux sanctions prises par les autorités chinoises à l’égard de huit députés européens et nationaux (dont Samuel Cogolati), ainsi que quatre universitaires et centres de recherche. Ces sanctions chinoises ont été annoncées en représailles contre le gel d’actifs et l’interdiction de voyager en Europe de plusieurs dignitaires chinois impliqués dans les crimes perpétrés contre la minorité ouïghoure du Xinjiang.

J’ai cosigne la résolution discutée par le Parlement européen. Elle se fonde notamment sur un texte déposé par les Verts. L’extrême-droite et la gauche radicale européenne n’ont pas manifesté le souhait de se rallier à ce texte.

Le texte rappelle la solidarité à l’égard des personnes et institutions visées par les contre-sanctions chinoises mais aussi envers les minorités chinoises contre lesquelles les menaces se sont intensifiées ces dernières années ainsi qu’envers les démocrates à Hong Kong. Nous demandons que les Européens intensifient leurs efforts pour que soit dépêchée une mission indépendante des Nations Unies au Xinjiang pour faire la lumière sur ce que nous considérons être des crimes contre l’Humanité. Pour les Verts, il était aussi important de dénoncer cette action par laquelle le Parti communiste chinois tente d’intimider les Européens et au-delà, s’érige en police de la pensée, édictant ce qui peut être exprimé et veut vider de leur essence les droits humains en déniant toute protection individuelle.

Relations économiques et droits humains

Les relations économiques entre l’UE et la Chine ne peuvent être dissociées de la question des droits humains, lesquels doivent demeurer au cœur de la politique extérieure européenne. A cet égard, le Parlement souligne qu’il refuse d’examiner le projet d’accord d’investissement entériné entre les deux puissances en décembre dernier tant que les sanctions ne seront pas levées. Et le moment venu, lorsqu’il décidera de donner ou non l’approbation à ce traité, il prendra dûment en compte la situation sur le plan des droits humains. Celle-ci s’étant dégradée au cours de la décennie écoulée, la Commission doit profiter des mois qui viennent pour soutenir la société civile chinoise et amener la Chine à être plus conciliante. Les Européens peuvent également prendre l’initiative d’un rééquilibrage des relations avec la Chine. Mais, pour ce faire, il faut qu’ils achèvent la mise au point de plusieurs instruments, ce qui requiert des Etats membres qu’ils les soutiennent ou qu’ils les transposent dans le droit national.

Enfin, la résolution rappelle également que les Européens doivent travailler avec les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni qui font l’objet de représailles similaires de Pékin.
Malheureusement, la demande des Verts pour que soit élaborée une liste des entreprises impliquées dans les activités liées aux abus perpétrés contre les Ouïghours n’a pas reçu le soutien nécessaire des autres groupes politiques. Il en va de même pour notre proposition que les traités d’extradition passés entre les Etats membres et la Chine soient suspendus.

Des conditions de travail qui posent question

En complément de ce texte, je voudrais signaler les conclusions d’une étude en cours de finalisation et dont je suis à l’initiative : les chercheurs de Development International e.V. montrent que les importations européennes de produits (électronique, jouets, textile…) chinois impliquant du travail des enfants correspondent à un montant de 35 milliards € par an. Outre le fait que cela contrevient à l’éthique, ces importations peuvent être vues comme une forme de concurrence salariale déloyale impliquant la destruction ou la non-création de 700.000 emplois en Europe (à raison d’un salaire brut de 50.000 € par an). Je vous en reparlerai.

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