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J’ai eu le plaisir d’organiser le 10 novembre dernier une soirée-débat sur les technologies de surveillance de masse dans l’espace public, notamment la reconnaissance faciale à la Tricoterie, à Bruxelles. 

La soirée a été un vrai succès et m’a donné l’occasion de discuter des pratiques de reconnaissance faciale en Europe, et en particulier en Belgique. Nous sommes aussi revenus sur les risques liés à ces technologies et la manière dont la société civile s’organise pour en limiter le déploiement.

Le débat se voulait aussi interactif et ludique que possible, alternant sondages et vidéos pour que le public puisse aussi donner son avis.

Intervenants et déroulé

Pour en débattre avec nous étaient présents :

  • Francesco Ragazzi, chercheur à l’Université de Leiden et auteur-coordinateur de l’étude sur les pratiques de reconnaissance faciale en Europe (voir mon article sur l’étude)
  • Chloé Berthélémy, Conseillère politique à European Digital Rights (EDRi)

Francesco Ragazzi a d’abord fourni des explications très claires sur le phénomène de la reconnaissance faciale avant de dresser un état des lieux de la reconnaissance faciale en Europe, en s’intéressant de près à la Belgique. Les invités ont ensuite discuté des différents risques et dangers liés aux technologies de surveillance de masse.

Les problèmes de biais algorithmiques ainsi que de discriminations racistes et sexistes ont été abordés ainsi que les atteintes à la vie privée qui découlent de ces technologies. Chloé Berthélémy a aussi souligné que la surveillance généralisée dissuade les citoyens de participer à la vie politique et démocratique et porte atteinte à la liberté d’expression et de réunion.

Exposition de collectifs contre la reconnaissance faciale

 

Nous avons exposé le travail de trois collectifs citoyens qui sont actifs dans la lutte contre le déploiement des technologies de surveillance :

  • Le Dazzle Club est un collectif créé par quatre Londoniennes qui vise à rendre les technologies de surveillance visibles. Les membres portent un maquillage asymétrique pour déjouer les systèmes de reconnaissance faciale et elles organisent des marches pour sensibiliser les citoyens sur ces enjeux. Vous pouvez retrouver une vidéo expliquant leur démarche ici (en anglais).

  • Digitale Freiheit est une association allemande pour la protection des données et l’autodétermination informationnelle. Créé à l’été 2017, le collectif fait campagne contre la surveillance et milite pour la défense de la vie privée par le biais d’actions politiques comme des flash mobs, des manifestations, des ateliers, des soirées cinéma ou des fêtes. L’organisation a par exemple manifesté contre l’expérimentation de reconnaissance faciale à Berlin en 2018 à la gare de Südkreuz. Les photos présentées dans l’exposition illustre cette action.

  • Le collectif Technopolice vise à recenser et à documenter le déploiement des projets de surveillance à travers la Belgique grâce à une carte interactive et actions de sensibilisation, comme les marches exploratoires.

Signez pour interdire la reconnaissance faciale !

En novembre dernier, une large coalition d’organisations de la société civile a lancé la campagne « Reclaim Your Face », exigeant que les autorités locales et nationales écoutent leurs communautés sur les risques sérieux de l’utilisation de la reconnaissance faciale et d’autres technologies biométriques dans les espaces publics.

Ces organisations ont lancé une Initiative Citoyenne Européenne, qui est l’outil officiel de pétition que l’Union européenne met à la disposition des citoyens qui veulent s’organiser et demander de nouvelles lois. Si nous arrivons à réunir 1 million de signatures, la Commission européenne sera obligée de publier une communication officielle (soft law) sur leur demande, de rencontrer les militants pour en discuter et, éventuellement, de demander au Parlement d’organiser un débat sur la question.

Signez ici la pétition pour parvenir à une interdiction de la reconnaissance faciale !

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