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Chaque année, les Européen.ne.s importent pour environ 50 milliards € de bien issus du travail des enfants. Puisque bien souvent une image vaut 1000 mots, j’ai commandé une série d’illustrations que j’ai commandées à la dessinatrice Charlotte Meert afin d’expliquer ce problème et suggérer des pistes pour y répondre.

 

 

 

 

Lors de sa prise de fonctions, la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait pris l’engagement ferme d’une « tolérance zéro à l’égard du travail des enfants ». Plus de deux années se sont écoulées et, soyons honnêtes, nous n’avons pas observé de mesures de taille visant à réaliser cette promesse. Pire, des années de progrès vont être balayées par la pandémie. Celle-ci va envoyer des millions d’enfants au travail à cause des fermetures d’écoles, des pertes d’emploi et de l’exacerbation de la pauvreté.

L’arme de la politique commerciale

Face à ce constat, j’ai demandé la réalisation d’une étude pour donner suite à l’appel de la Présidente Ursula von der Leyen. Cette recherche démontre qu’une simple interdiction de l’accès au marché de l’UE pour les marchandises produites par le travail des enfants peut conduire à un résultat paradoxal : elle enserrerait encore davantage les enfants dans des activités informelles et dangereuses. Cela est d’autant plus probable dans des États qui ne font pas respecter la loi, et ne proposent aucune solution valable comme l’éducation et la protection sociale de base.

En revanche, l’internationalisation peut entraîner une diminution de la part du travail infantile, tout d’abord grâce à l’augmentation des revenus. Par conséquent, relever les tarifs douaniers pour sanctionner les pays au piètre bilan en la matière pourrait même aggraver le problème alors que ces mesures sont censées dissuader les pays de recourir au travail des enfants.

L’étude révèle également l’importance de conditions de travail décentes pour les femmes afin d’éviter que les enfants ne soient envoyés au travail. Une augmentation de 10 % des salaires pourrait entraîner une réduction de 10 % de l’intérêt d’envoyer les filles travailler dans les usines, les mines ou les champs. Les secteurs du textile, du cuir et des chaussures, mais aussi de l’agriculture où elles constituent la majorité de la main-d’œuvre, en sont un bon exemple.

Nous pouvons donc agir, en utilisant avec finesse l’une des armes les plus puissantes dont dispose l’UE : sa politique commerciale. Je prendrai une série d’initiative à ce sujet dans les mois à venir, je vous en reparlerai.

Télécharger l’étude Child Labour Footprint en pdf

 

 

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