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L’actuelle stratégie UE-Afrique est dépassée et doit être revue en profondeur. C’est d’autant plus vrai suite au COVID19 qui a révélé des systèmes de soins de santé fragiles, des finances publiques exsangues, l’absence d’industrie de production de médicaments, des modes de vie, de mobilité et de travail qui rendent les mesures de confinement inopérantes, l’absence de résilience d’une économie locale et régionale qui doit être renforcée et diversifiée.

L’UE doit arrêter de considérer l’Afrique comme un immense gisement de ressources naturelles à ciel ouvert sur lequel les Européens pourraient exercer un droit préférentiel. Une conception utilitariste de l’Afrique qui a d’ailleurs été un des obstacles à la – pourtant indispensable – diversification des économies africaines et à leur résilience. 

Les Objectifs du Développement Durable doit devenir le centre de ce nouveau partenariat, avec la lutte contre les changements climatiques, le renforcement de la sécurité alimentaire, l’inclusion de l’égalité de genre ou encore le renforcement de l’économie et de l’agriculture locale et régionale par exemple. A peine, 4 % des émissions de gaz à effet de serre sont imputables au continent africain. Pourtant, c’est lui qui est particulièrement frappé – et le sera de plus en plus – par les changements climatiques. La malnutrition est un problème endémique et croissant qui concerne 256 millions de personnes et avec un recul de plusieurs années suite à l’impact du Coronavirus. En même temps, les flux financiers illicites coûtent chaque années 50 milliards USD, davantage que l’aide au développement et à la coopération! Un immense gâchis alors que tant de projets devraient être menés et financés par cet argent dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture…  

C’est en substance ce que demande la Commission du commerce international (INTA) dans le rapport soumis au vote ce jeudi sur le volet commercial de la Stratégie UE-Afrique et pour lequel j’étais rapportrice des Verts. Une stratégie qui présente les axes et modalités de la nouvelle relation entre les deux continents. Alors que la commission du commerce international est de tradition plutôt néo-libérale et que nous aurions donc pu craindre un avis beaucoup plus axé sur l’intérêt économique européen d’une telle Stratégie, un consensus s’est dégagé pour ramener la dimension commerciale de la relation intercontinentale à sa juste mesure. Le rapporteur, un socialiste autrichien, Joachim Schuster et la bonne entente entre les négociateurs des différents groupes (malgré les réticences du conservateur allemand) y ont largement contribué. 

Les messages forts qui devraient maintenant être soutenus par la Commission du Développement responsable de l’avis final du Parlement européen devront orienter l’action de la Commission européenne et du Conseil (Le rapport amendé sera bientôt disponible sur le site de la commission INTA).

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