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L’Europe c’est avant tout la solidarité, l’humanisme, la démocratie, le respect de l’état de droit. Or en Grèce (mais aussi en Croatie et ailleurs), elle viole en toute impunité le droit international, le droit d’asile et les Conventions de Genève, en refoulant violemment à coups de balles réelles et de gaz lacrymogène, des migrant.e.s, des enfants, que la Turquie envoie dans l’embuscade.

L’incapacité de l’Union européenne depuis des années, de ses États membres, de nos gouvernements, à s’accorder sur une politique migratoire commune et sa politique d’externalisation des frontières, quitte à collaborer avec des régimes comme la Lybie ou la Turquie, lui revient aujourd’hui en boomerang.

Mais ce sont des êtres humains qui sont otages de tractations politiques malsaines entre UE et Turquie. 4,7 milliards d’euros plus tard, le Président Erdogan réclame davantage de la part de l’UE et utilise les migrants comme de la chair à canon.

L’Europe forteresse, érigeant barbelés et boucliers face à des humains en détresse est profondément inhumaine et inefficace. Elle ne se sera révélée efficace que pour alimenter l’extrême droite et la criminalité via les réseaux de passeurs, pour exacerber le ras le bol légitime des populations locales comme en Grèce et entretenir un rejet de ces migrant.e.s dont nous ne voulons pas chez nous auprès d’une partie de l’opinion publique.

Les solutions existent mais n’ont jamais été mises en œuvre. Les États membres doivent accepter d’accueillir chacun une part des demandes d’asile qui arrivent en Europe, en déchargeant les pays frontaliers comme la Grèce de la charge de traiter de tous les dossiers des personnes qui ont posé un pied sur leur territoire (conformément au Règlement de Dublin).

Les procédures d’asile doivent être respectées en tant que droit fondamental et harmonisées entre les États membres afin d’assurer un accueil digne, le respect des droits des migrants et mettre fin aux scènes de détresse humanitaire en Europe et à ses frontières, des violences particulièrement à l’égard des femmes et des enfants, des milliers de mineurs non accompagnés en errance.

Nous sommes sidérés par le grand écart entre la situation sur place relatée par les médias, les ONG, situation que plus personne ne peut ignorer aujourd’hui et la communication des Présidents de la Commission européenne Von der leyen et du Conseil européen Charles Michel qui, tout en soutenant comme un mantra protection des frontières et boucliers, défense du territoire européen comme s’il faisait face à une invasion armée, déclarent respecter les droits humains et le droit. Les faits démontrent le contraire. Chers Présidents, chers chefs d’États et de Gouvernements européens, vous avez du sang sur les mains et devrez un jour payer le prix de tous ces morts, de toutes ces victimes d’une inhumanité sans nom.

Des citoyen.ne.s, communes et régions d’Europe montrent l’exemple depuis plusieurs années, une coalition de pays volontaires pourrait dès à présent mettre en œuvre une politique migratoire et d’asile solidaire et répondre à l’appel de tous ces citoyens et citoyennes qui font la solidarité quotidienne.

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