Les forêts nouvellement plantées ne peuvent pas remplacer les forêts primaires

"Les forêts nouvellement plantées ne peuvent pas remplacer les forêts primaires."Hier soir, je faisais ma 1ère intervention en séance plénière sur l'état des forêts en Europe 🌳.J'ai salué l'initiative de Mme Von der Leyen de mettre la protection des forêts en priorité de l'agenda de la nouvelle Commission. Mais j'ai aussi rappelé que pour protéger et restaurer nos forêts, il faudra dégager des moyens 💶 !Je vous laisse ré-entendre mon intervention 👇

Geplaatst door Saskia Bricmont op Dinsdag 17 september 2019

Ce lundi 16 septembre 2019, je faisais ma 1ère intervention en séance plénière sur l’état des forêts en Europe. J’ai salué l’initiative de Mme Von der Leyen de mettre la protection des forêts en priorité de l’agenda de la nouvelle Commission. Mais j’ai aussi rappelé que pour protéger et restaurer nos forêts, il faudra dégager des moyens.

Je vous laisse lire mon intervention :

Quand on sait que les biens et services forestiers participent à la réalisation de 9 des 17 objectifs de développement durable : production de denrées alimentaires, approvisionnement en eau propre, le captage et stockage du carbone, la biodiversité et – on l’oublie trop souvent – la réduction des inégalités, l’intérêt pour les forêts devrait remonter dans l’agenda politique de l’ensemble des Commissaires et des États membres.

Or si reboisement il y a en Europe, je retiens surtout une phrase de la communication de la Commission sur les forêts : « les forêts nouvellement plantées ne peuvent pas remplacer les forêts primaires ».

Ce qui a été détruit ne peut pas être recréé. Il y a une perte qui ne sera jamais compensée.

Si aujourd’hui l’Amazonie fait la une, on oublie que pas moins de 43 % du territoire européen est boisé.

C’est donc un enjeu important pour lequel il faut dégager des moyens. Ces moyens existent, notamment dans le cadre de la PAC au travers des fonds pour la reforestation. Ces derniers sont sous-utilisés, la Commission Européenne prévoit-elle d’en faire la promotion auprès des États membres et collectivités régionales ?

Réduire la déforestation passe aussi par un enjeu essentiel trop souvent passé sous silence dans le cadre de nos objectifs de réduction de CO2 : celui de la biomasse. 60 % de l’énergie renouvelable en Europe vient du bois coupé. C’est une aberration ! Car transformer les arbres en source d’énergies renouvelables émet plus de CO2 que le charbon ou le gaz naturel.

Maintenir ce cap serait un dramatique cas de greenswashing ! Comment la Commission entend-elle sortir de cette hypocrisie ?

Je rejoins par ailleurs les revendications suivantes du FERN :

  • Le soutien à une nouvelle régulation sur les importations agricoles ;
  • Le soutien aux actions qui visent à protéger et restaurer les forêts européennes ;
  • Une nouvelle “Loi Climat” qui tient compte d’une politique de réduction naturelle du carbone (dans la lignée d’une nouvelle stratégie “biodiversité”) ;
  • Un nouveau fond de restauration pour les forêts européennes pour combattre le changement climatique, améliorer la santé des forêts et soutenir les communautés rurales ;
  • S’opposer à la version actuelle de l’accord de libre échange UE-Mercosur.
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