Sélectionner une page

Fallait-il une crise pour nous rappeler la précarité endurée par nombre de travailleur.euse.s frontalier.ère.s et saisonnier.ère.s que l’on retrouve dans les secteurs de l’industrie agroalimentaire, de la construction et de la santé ? La fermeture des frontières intérieures de l’Union, la limitation de la liberté de circulation et l’arrêt de bon nombre d’activités économiques ont remis à l’avant plan leurs pénibles conditions de travail.

On estime entre 800.000 et un million le nombre de travailleur.euse.s saisonnier.ère.s embauché.e.s chaque année. Quant aux travailleur.euse.s transfrontalier.ère.s, ielles seraient environ 1,5 millions.

Les eurodéputés ont adopté un rapport visant à mieux les protéger car, outre les difficultés susmentionnées particulières induites par le coronavirus, ielles peuvent être exploités par des agences intérimaires ou entreprises sous-traitantes profitant de zones grises du fait de différentes entre deux codes du travail nationaux par exemple. Ielles sont souvent embauché.e.s sur base de contrat à durée déterminée et sans réelle couverture sociale. Il arrive même qu’ielles doivent vivre dans un logement de groupe où les mesures de distanciation sociale sont difficilement applicables. Bien que les services de l’inspection sociale signalent régulièrement des problèmes, les employeurs ou plutôt donneurs d’ordre ne sont pas sérieusement inquiétés.

La Commission est ainsi invitée à examiner les “trous” dans les législations européennes et nationales et à œuvrer à une modernisation du règlement organisant la coordination des régimes de sécurité sociale (un arrangement avait été trouvé juste avant les élections de mai 2019, mais avait été torpillé par l’aile conservatrice du Parlement). Les eurodéputés insistent également pour que l’Autorité européenne du Travail lancée par la précédente Commission entre enfin en action.

La résolution est passée avec 89 % des votes exprimés et – pour changer – tous les groupes politiques (à l’exception du Vlaams Belang) ont soutenu le texte.

C’est suffisamment rare pour que ce soit souligné !

La résolution est disponible ici.

Share This