Réuni en séance plénière (virtuelle) ce jeudi 26 mars, le Parlement européen a adopté les principales mesures économiques d’urgence proposées par la Commission européenne pour venir en aide aux États membres dans leur gestion de la crise COVID-19 et permettre des investissements dans les secteurs stratégiques.

Les Écologistes ont apporté leur soutien à ces mesures urgentes et nécessaires dans les champs des transports et du secteur de la santé, ainsi qu’un allégement de la stricte réglementation sur les aides d’État afin d’apporter un soutien immédiat aux entreprises, principalement les PME. La Commission proposait aussi de mettre entre parenthèse les contraintes budgétaires européennes (Pacte de Stabilité et de Croissance) et d’utiliser le “mécanisme européen de stabilité”. Ce dernier avait été utilisé pour soutenir financièrement une poignée de pays durement touché par la crise de 2009. L’idée est cette fois-ci d’aider les pays aux finances limitées qui luttent contre la pandémie.  Soutenir les propositions de la Commission se justifiait par les circonstances exceptionnelles et l’urgence de la crise. Cependant, nous estimons que les mesures votées hier sont incomplètes car aucune réponse concrète ne vise le secteurs non-marchand (outre celui de la santé) et les populations les plus vulnérables, en particulier les gens dont les mesures de précaution et le confinement entrainent une baisse significative de leurs revenus.  L’heure est effectivement à l’exécution des mesures d’urgence et à la coordination européenne notamment en matière de fourniture d’équipements médicaux et de coopération transfrontalière pour l’acheminement des biens de première nécessité. Cependant, cela n’empêche pas qu’il faille aussi – dès maintenant – mettre en place les dispositifs qui permettront de sortir le plus rapidement possible de cette crise sanitaire, sociale et économique, sans retomber dans les travers du modèle économique dont les limites sont largement éprouvées. Les écologistes s’y attèlent. La famille verte européenne a d’ailleurs en ce sens préparé un premier papier présentant des réponses politiques aux dimensions économiques, sociales et humaines de la crise (lien en anglais).

La famille verte européenne a d’ailleurs en ce sens préparé un premier papier présentant des réponses politiques aux dimensions économiques, sociales et humaines de la crise (lien en anglais).

Nous considérons notamment que la crise pourra permettre de rendre l’UE plus responsable et sociale. Alors que l’OIT estime que la crise pourrait conduire à une destruction de 3 à 14,6 millions d’emplois dans les pays riches et amputer les revenus de près de 1.000 à 3.500 milliards de dollars, l’UE doit anticiper un tel désastre social. Nous proposons de :

  • Mettre en place un “Fonds de réassurance chômage”, pour soulager la facture que les États devraient supporter du fait des pertes massives d’emplois ; 
  • D’instaurer un revenu minimum, 60 % du revenu médian de chaque État membre. 

Ces idées sont en discussion depuis des années, elles n’ont donc rien de tout à fait révolutionnaire. Les virus n’ont pas de passeport et ignorent les frontières, il faut en tirer les conséquences. L’UE doit :

  • Acquérir des compétences de coordination en matière sanitaire ;
  • Se doter d’une unité de gestion de crise dont le rôle serait d’assurer la cohérence des décisions en cas de crise, afin d’éviter les replis nationaux et de s’organiser stratégiquement pour assurer une production européenne de masques. 

Solidarité et coopération seront les maîtres mots pour éviter de tomber dans les replis nationalistes.  Retrouvez la déclaration politique de la famille Verte européenne à propos de la gestion du COVID19 ici (français).

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