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[COMMUNIQUÉ DE PRESSE]

La Commission européenne a présenté aujourd’hui sa proposition de révision du mandat d’Europol et un nouvel agenda de lutte contre le terrorisme.

Déclaration de Saskia Bricmont, députée européenne et membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures :

« La coopération policière est cruciale pour favoriser un espace de liberté, de sécurité et de justice, et pour relever les défis en matière de sécurité. Europol a sans doute besoin de quelques ajustements mais les propositions de la Commission d’aujourd’hui ne visent en réalité qu’à légaliser des pratiques illégales, en particulier concernant la collecte et le traitement des données. Il est prématuré de proposer cette réforme deux ans avant la date prévue et sans une évaluation appropriée du mandat existant. Les implications en matière de droits fondamentaux des travaux et activités d’Europol devraient être systématiquement évaluées de manière transparente.

Il est nécessaire de renforcer les garanties pour la protection des données et des droits fondamentaux dans toutes les activités d’Europol, y compris en matière de coopération avec des pays tiers. Toute réforme doit viser l’amélioration des normes de protection des données et inclure des garanties spécifiques pour les données biométriques. Europol devrait montrer l’exemple en matière de bonnes pratiques dans le domaine du maintien de l’ordre et lorsqu’il s’agit de son propre fonctionnement.

Un contrôle démocratique beaucoup plus important des activités d’Europol est nécessaire. Les mécanismes de contrôle actuels restent superficiels et il y a des défaillances du point de vue de sa responsabilité. Plus Europol développera ses capacités d’enquête et le recours à des technologies avancées, plus il sera nécessaire de développer des garanties juridiques et de contrôle parlementaire afin d’empêcher la surveillance massive des citoyen.ne.s et les violations des droits fondamentaux ».

Déclaration de Gwendoline Delbos-Corfield, députée européenne et membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures :

« Il est vital que dans la lutte contre le terrorisme, nous ne mettions pas en péril nos droits fondamentaux. La surveillance massive des citoyen.ne.s par le développement de la reconnaissance faciale, ainsi que l’enregistrement de leurs déplacements dans les espaces publics, risque de conduire à des discriminations et est sujette à des erreurs d’appréciation. La surveillance de masse ne peut compenser le fait que les autorités doivent constamment surveiller des terroristes potentiel.le.s, le plus souvent déjà connu.e.s par les services de la police. Dans la lutte contre le terrorisme, il n’y a pas de déficit de surveillance, il y a un déficit d’application ciblée.” 

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