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Ce 8 mars 2020, des milliers de femmes ont marché tambours battant dans les rues de Bruxelles et des villes du monde entier, pour revendiquer leurs droits en cette journée des droits des femmes et rappeler que le combat pour la liberté, l’égalité et la sororité est encore dramatiquement d’actualité. J’en étais et aujourd’hui les récits de violences contrastent terriblement avec l’ambiance bon enfant de la veille. Je condamne fermement les violences des forces de l’ordre et exige que toute la lumière soit faite et les responsabilités établies. Ma collègue Cécile Thibaut a déposé une question au Parlement fédéral ce lundi.

Pour revenir à la sphère européenne, la Commission européenne présentait la semaine dernière une stratégie afin de définir les objectifs stratégiques de l’Union européenne pour lutter contre les discriminations fondées sur le genre.

Nous nous réjouissons que la Commission européenne dispose enfin – après 5 ans d’attente – d’une stratégie sur ces questions, mais quelle déception face à la faiblesse du langage et l’absence de nouvelles propositions législatives concrètes, hormis celle d’une directive sur la transparence des salaires. Si la présidente de la Commission a dit vouloir faire de l’égalité de genre une priorité, cela ne se reflète malheureusement pas dans sa stratégie. Grande absente, notamment, est la directive sur les violences faites aux femmes, que nous réclamons de longue date aux côtés des ONG. Alors qu’un tiers des femmes en Europe subissent des violences physiques ou sexuelles dès l’âge de 15 ans, la Commission manque une occasion unique de montrer un engagement ferme en se privant d’une directive qui aurait créé un cadre juridique contraignant pour toute l’UE. La Commission s’engage cependant à ce que l’Union européenne adhère à la Convention d’Istanbul – sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. S’il s’agit ici d’un pas dans la bonne direction, nous ne sommes toutefois pas à l’abri de nouveaux blocages de la part des États membres.

Autre point d’achoppement, bien qu’il y ait une référence à l’inclusion d’une « perspective intersectionnelle » dans la stratégie, aucune action concrète n’est envisagée pour les personnes migrantes, les travailleurs.euses précaires, les soignant.e.s, les personnes LGBTQI, ni pour agir face aux discriminations très nombreuses liées à l’origine ethnique. La Commission utilise le terme intersectionnalité sous forme de slogan mais ne propose aucun outil législatif pour s’attaquer résolument aux situations de discriminations et d’inégalités subies continuellement. Dans la même veine, l’importance des enjeux liés au genre dans la lutte contre le changement climatique est aussi évoqué mais ici encore rien de concret : ni objectifs, ni plan d’action.

Retrouvez le texte de la stratégie ici.

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