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Ce jour, plusieurs médias publient une enquête révélant que des gardes-frontières grecs ont tiré à balles réelles sur des migrants à la frontière turque au début du mois de mars. Les travaux documentés de Lighthouse Reports, en collaboration avec Bellingcat et Forensic Architecture montrent qu’un homme de nationalité pakistanaise, Muhammad Gulzar, a été tué et plusieurs autres blessés suite à des tirs des gardes-frontières grecs. La Grèce a, jusqu’à présent, nié toute implication dans ces incidents. La Commission européenne a pour sa part félicité la Grèce pour ses actions de « protection des frontières », et ignore les questions parlementaires concernant l’usage de la force à la frontière.

Lien vers le reportage : https://www.lighthousereports.nl/#home

Saskia Bricmont, députée européenne, membre du groupe des Verts/ALE de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) commente le reportage :

« Cette enquête apporte des preuves que les gardes-frontières grecs ont tiré à balles réelles sur des personnes innocentes, ces faits sont graves et de tels crimes ne peuvent rester impunis. Le recours à la violence contre des personnes qui demandent de l’aide constitue non seulement une atteinte inacceptable aux droits fondamentaux et au droit à l’asile mais ces exactions ne reflètent pas les valeurs européennes de solidarité que nos États et la Commission prétendent défendre. “

“Le gouvernement grec, Frontex et la Commission européenne doivent assurer que toute la lumière soit faite sur ces évènements et prendre des mesures pour garantir que cela ne se reproduise pas. Le silence coupable dont il font preuve est accablant. La Commission ne peut pas continuer à fermer les yeux sur de tels incidents, sur un meurtre, à ses frontières. ”

« Que ce soit en Grèce, en Croatie ou ailleurs dans l’UE, la Commission européenne et Frontex doivent veiller à ce que l’État de droit soit maintenu et que le respect des droits humains soit garanti à toutes les frontières extérieures de l’UE. Une enquête approfondie doit être menée afin de déterminer les faits : la manière dont ces opérations sont menées, les raisons pour lesquelles les agents européens aux frontières ne les ont pas signalés. La justice grecque doit faire toute la lumière sur ces évènements et établir les responsabilités. Ce crime ne peut rester impuni.”

Plus d’informations :

Au moment de la fusillade, plus de 500 gardes-frontières et garde-côtes européens étaient stationnés à la frontière grecque. Leur mission est de surveiller et de sanctionner les violations des droits fondamentaux au cours de leurs opérations.

La situation n’est malheureusement pas propre à la Grèce. En février dernier, les eurodéputés Verts/ALE Tineke Strik, Erik Marquardt et Saskia Bricmont ont effectué une mission d’enquête à la frontière croate avec la Bosnie-Herzégovine et dans des camps de réfugiés, où ils ont confirmé les rapports faisant état de refoulements violents de demandeurs d’asile et de migrants de la Croatie vers la Bosnie-Herzégovine.

(Communiqué de presse)

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