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La Commission européenne a présenté ce mercredi son paquet « Fit for 55 », un ensemble de propositions législatives qui doit lui permettre d’atteindre son objectif climatique d’au moins 52,8% de réduction des émissions et 2,2% d’absorption par les puits de carbone d’ici 2030. Ces propositions doivent être un point de départ pour permettre à l’UE d’atteindre ses objectifs climatiques. Je regrette toutefois que les mesures pour une transition climatique juste soient trop faibles.

Pour atteindre son objectif de réduction de 55%, l’Europe se devait d’intensifier ses efforts. Le paquet ‘Fit For 55’ présenté cet après-midi est la traduction concrète des objectifs fixés par l’Union européenne en matière climatique. La réalisation du Green deal, qui doit mettre l’Europe sur la voie du développement durable et de la neutralité carbone, implique de revoir la législation actuelle. Ce paquet de mesures est un premier pas. Il va désormais être négocié au Parlement européen. Notre objectif sera de rehausser les ambitions et d’assurer qu’elles soient socialement justes.

Bien que la Commission montre sa volonté d’agir contre le changement climatique, certains points me posent problème. « La transition écologique doit aller de pair avec la justice sociale. Nous ne réussirons pas à protéger le climat efficacement si nous ne sommes pas capables de protéger les plus vulnérables. Or l’extension du système ETS (Emission Trading Scheme) au transport et au bâtiment pourrait se traduire par une hausse des coûts liés au carburant et au chauffage domestique, au détriment des plus défavorisés.

Alors que le bâtiment est responsable de 36% des émissions et le transport 25%, des objectifs sectoriels doivent être adoptés par les États membres dans le cadre de la répartition de l’effort (effort sharing) à commencer par des politiques d’efficacité énergétique pour soulager le budget de tous les ménages. Consciente des risques sociaux, la Commission européenne propose un nouveau Fonds. Celui-ci risque toutefois d’être insuffisant pour que accompagner efficacement les ménages en situation de précarité énergétique dans cette nécessaire transition.

Rappelons également que le secteur agricole est responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre mais, que la cible -55% oublie l’agriculture. Vu les déficiences de la nouvelle Politique agricole commune, la Commission européenne devra compenser en adoptant des mesures pour revoir l’agriculture industrielle afin de la rendre compatible avec la stratégie de la ferme à l’assiette.

L’agriculture doit assurer notre alimentation, maintenir l’emploi, contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. C’est l’un des rares secteurs capables de réduire, voire d’inverser, le réchauffement de la planète. Mais pour cela, il faut accompagner les agriculteurs, tout en leur assurant un revenu équitable.

Des demandes historiques des écologistes enfin prises en compte

Enfin,  je me félicite de voir de nombreuses demandes historiques des écologistes sont prises en compte, au moins partiellement. La Commission européenne envisage désormais de taxer le carburant utilisé par le secteur aérien, d’introduire un Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, d’interdir la vente des véhicules essence et diesel d’ici 2035… Mes solutions que défendent les écologistes depuis des années sont désormais prises en compte et reconnues comme nécessaires sur le plan économique et environnemental.

Nous ne manquerons pas de nous montrer constructifs au cours des discussions à venir afin que ce paquet législatif soit le meilleur possible pour limiter le réchauffement climatique, comme nous nous y sommes engagés dans l’Accord de Paris. Et ca sera bien necessaire, car malgré les efforts de la Commission pour atteindre son objectif de réduction des émissions de 55%, celui-ci ne sera pas suffisant pour parvenir à la neutralité carbone en 2050 et limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

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