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Les leaders économiques du monde sont de plus en plus nombreux à considérer que la perte de biodiversité est un grand risque pour la planète mais aussi pour l’économie. Face à la menace, certaines institutions financières font un pas pour rendre leurs activités plus compatibles avec l’environnement. La démarche met en évidence la marge de progression du secteur.

Si les banquiers, assureurs et investisseurs (représentant 40 % des capitaux mondiaux) se sont engagés à la COP26 à soutenir notre sevrage à l’égard des énergies fossiles, leurs initiatives et engagements sont moins aboutis lorsqu’il s’agit de biodiversité. Certaines normes et lignes directrices sont toutefois en train d’être développées, et quelques banques et assureurs commencent à assumer individuellement leurs responsabilités et agir, chacun(e) à leur manière.

Une étude de ShareAction analysant les 25 plus grandes banques européennes -certaines actives en Belgique- montrent que seulement dix d’entre elles ont mis en ligne leur politique à l’égard de la biodiversité. Pire: pas une seule banque n’affiche l’engagement d’une déforestation zéro. Voici de quoi vous faire une petite idée des engagements pris (et des efforts qu’il reste à faire!):

L’étude note toutefois que 13 banques soutiennent le principe de « consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause ». Il s’agit d’un principe édicté dans des textes onusiens pour garantir des droits aux populations autochtones. On regrettera qu’elles n’en disent pas plus sur comment elles entendent concrétiser cette règle. Notons au passage que la quasi-totalité des banques exige de leurs clients que les activités qu’elles soutiennent ne se déroulent pas sur des zones protégées.

Le critère NDPE (pour « No Deforestation, No Peat, No Exploitation ») est un autre critère de durabilité. Il implique de renoncer aux activités responsables de déforestation, de conversion de tourbières à des fins agricoles ou sylvicoles. De ce côté-là, on observe que seule une minorité d’institutions financières a pris de tels engagements

Cette étude présente un résultat mitigé. Elle montre toutefois qu’il existe une marge de progression conséquente du côté des institutions financières. La législation à venir sur la responsabilité sociétale des entreprises, attendue pour les semaines à venir, devra tenir compte de ces marges de manœuvre.

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