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Vous vous souviendrez peut-être que le premier gros dossier qui m’a été confié dans la commission du commerce international fut l’accord de libre-échange entre l’UE et le Vietnam ? Mes critiques de l’accord se fondaient essentiellement sur la situation sur le plan des droits humains : entre la non-exécution par la Commission d’une analyse des impacts potentiels sur les libertés syndicales, la liberté de la presse, le respect des croyances et religions (alors que le Parlement européen avait adopté une résolution forte sur la question des prisonniers politiques et de conscience !), et l’arrestations de bloggers et du président de l’Association de Journalistes indépendants durant la dernière ligne droite des négociations… Les « ratés » se sont accumulés.
Les Verts et d’autres eurodéputés avaient refusé de donné leur feu vert à l’accord mais nous ne fûmes pas suffisamment nombreux pour le bloquer. Tout comme la Commission, les partisans de l’accord nous juraient leurs grands dieux que son entrée en vigueur « entrainerait automatiquement une amélioration des conditions de vie des Vietnamiens ».
Sauf que depuis la situation s’est détériorée et fait froid dans le dos. Le Vietnam s’assied sur les engagements pris devant les Nations Unies ou l’UE. Et personne ne dit rien ! C’est pourquoi j’ai réuni une soixantaine d’eurodéputés pour tirer la sonnette d’alarme et demander aux plus hautes autorités européennes d’agir vivement pour protéger la population, et surtout les penseurs qui expriment tout haut ce que beaucoup pensent tout bas et font acte de résistance face à un régime autoritaire.
Il est urgent d’agir et d’annoncer le passage aux sanctions alors que se profile le grand Congrès du Parti communiste et que l’on redoute un durcissement du pouvoir d’ici là.
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