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Les changements climatiques et environnementaux, la montée des eaux, la sécheresse, ayant des conséquences désastreuses sur l’agriculture, ou bien encore les catastrophes naturelles conduisent de nombreuses personnes, hommes, femmes et enfants sur les routes de l’exil.

On estime à 25 millions le nombre de personnes déplacées du seul fait des catastrophes naturelles en 2019. En 2015 trois fois plus de personnes se sont déplacées à la suite de catastrophes naturelles qu’en raison des guerres et des violences et ce malgré que cette année ait été une année terrible en matière de conflits, de guerres et de violences. Il reste cependant difficile d’isoler ce phénomène d’autres facteurs. Les migrations sont toujours multi-factorielles : la pauvreté, l’instabilité politique ou encore les conflits armés sont souvent à combiner aux conséquences des changements climatiques et environnementaux sur le choix ou la contrainte pour les personnes de migrer.

Si la majorité de ces déplacés sont généralement des déplacés internes ou intra-régionaux, il s’agit néanmoins d’un phénomène en augmentation et les conséquences humaines du changement climatique se feront de plus en plus pressantes à l’avenir. Ce sont, une fois de plus, les personnes les plus vulnérables qui subissent de plein fouet ces conséquences. Pour celles et ceux qui prennent le chemin de l’exil vers l’Europe, il n’existe aujourd’hui pas de recours effectif permettant une protection aux personnes déplacées climatiques.

Nommée rapportrice sur le rapport du Parlement sur les impacts du changement climatique sur les populations vulnérables dans les pays en voie de développement, j’ai concentré mon travail sur les différents options et mécanismes pouvant être employés. Ces solutions sont à portée de main, et déjà expérimentées par ailleurs : la mise en place d’un visa humanitaire, l’activation du mécanisme de protection temporaire, la délivrance d’autorisations de séjour, la conclusion d’accords régionaux ou bilatéraux ou encore, la mise en place de passeports climatiques.

Par ailleurs, suivant le raisonnement du comité des Droits humains des Nations Unies dans jugement contre la Nouvelle-Zélande en janvier 2020 : nous demandons à ce que la violation du droit à la vie du fait des changements climatiques et environnementaux soit intégré dans les obligations de non-refoulement des États membres. Notre travail à venir sur la « Directive retour » sera, je l’espère, l’occasion de matérialiser ce raisonnement.

Nous appelons aussi l’UE à devenir pionnière sur ces questions et à pousser ces propositions au sein des instances internationales. Nous devons nous conformer au « Pacte mondial pour les réfugiés », notamment en ce qui concerne les financements. Et nous rappelons que le Pacte mondial sur les migrations, adopté en Décembre 2018, reconnait spécifiquement la cause climatique de la migration.

Enfin, alors que la Commission Européenne s’apprête à présenter son nouveau Pacte sur l’asile et la migration : nous demandons une véritable politique européenne migratoire, qui soit solidaire et humaine, qui mette en place des voies légales et sûres d’accès au territoire européen, notamment par le travail et qui permettront une meilleure adaptation aux enjeux climatiques et environnementaux.

Retrouvez mon projet de rapport ici.

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