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La Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen vient de voter en faveur d’un report de la décharge budgétaire de l’agence Frontex. Une telle demande est un évènement rare, et souligne le poids des soupçons qui pèsent à l’encontre de Frontex.

Dans le cadre de sa mission de contrôle budgétaire, le Parlement établit annuellement des rapports sur le fonctionnement interne et les dépenses budgétaires des différentes agences et institutions européennes. J’étais en charge du dossier pour le groupe Verts/ALE, et nous nous sommes prononcés en faveur d’un report de la décharge budgétaire de Frontex. Cet avis voté aujourd’hui est transmis à la Commission du contrôle budgétaire (CONT) puis sera voté en plénière au mois d’avril.

En n’accordant pas la décharge budgétaire, le signal envoyé est clair: le temps de l’impunité est terminé. Alors que les témoignages de violations des droits fondamentaux s’accumulent, le retard dans le recrutement des 40 moniteurs des droits fondamentaux est inacceptable. L’Agence est sous le coup de plusieurs enquêtes, de l’OLAF et de la médiatrice européenne, pour dysfonctionnements et problèmes de gestion dans le chef du Directeur. Avec la récente mise en place d’un groupe d’enquête interne au Parlement sur Frontex, nous rappelons que c’est le rôle du Parlement européen d’établir les responsabilités en cas de mauvaise gestion et de violations des droits fondamentaux.

Un groupe de travail pour enquêter sur les agissements de Frontex

Le nouveau groupe de travail du Parlement européen sur l’examen de Frontex (FSWG) a officiellement commencé ses travaux cette semaine. Ma collègue néerlandaise Tineke Strik (GroenLinks) rédigera le rapport présentant ses recommandations. L’objectif du groupe est d’évaluer tous les aspects du fonctionnement de l’Agence européenne des frontières, y compris son respect des droits fondamentaux.

La première étape de ce processus sera d’échanger avec tous les acteurs impliqués, allant des agents de Frontex aux ONG, en passant par les journalistes qui ont enquêté sur l’agence. J’aurai l’occasion de suivre l’avancement de ce travail via la commission LIBE du Parlement européen. Je veillerai à ce que Frontex se montre capable de gérer nos frontières dans le respect de nos obligations en matière de droits fondamentaux.

 

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